Les évêques francophones, anglophones et lusophones d’Afrique de l’Ouest se réuniront à Abidjan, en Côte d’Ivoire, du 23 au 29 janvier 2012 pour « rechercher ensemble » des solutions aux grands problèmes qui se posent à leurs pays.

jeudi 19 janvier 2012
par  Ab Joseph KINDA

les supérieurs(es) majeurs(es) se forment au leadership

Du 16 au 22 janvier 2012, les supérieurs (es) majeurs(es) des congrégations religieuses du Burkina et du Niger se forment au leadership, au centre spirituel paayôodo de Sâodogo à Ouagadougou. Les objectifs poursuivis sont de permettre aux différents responsables des congrégations de se doter des ressources nécessaires pour mener leur charge de direction en conformité avec l’évangile et en collant aux contextes propres qui sont les leurs dans les différents champs apostoliques où ils interviennent. Cette formation est assurée par des experts venus de Rome et de l’Écosse. Ci dessous, le mot des formateurs et celui de sœur Léa la présidente de l’association.

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Sœur Christine ANDERSON F.C.J

-Je suis responsable du cours international pour les supérieurs général et majeur à Rome. Cela fait 7 ans que l’on dispense ce cours et c’est un cours de formation et de développement de leadership et surtout de leadership dans un monde global. Dans ce cours, nous mettons beaucoup l’accent sur la foi, et surtout sur comment intégrer la foi dans tous les domaines du leadership. Nous l’avons déjà donné pendant six ans à Rome, et l’année passée en Ouganda avec le Père Jim Christie et cette année au Burkina Faso. C’est la première fois que nous intervenons en Afrique de l’Ouest. Pour les supérieurs généraux et majeurs, ce n’est plus comme autre fois. Les structures étaient bien en place et l’on portait toutes les structures à l’extérieur de nous. Les congrégations étaient plus faciles à mener mais aujourd’hui avec les changements dans le contexte, on a beaucoup de difficulté à s’intégrer et à articuler la question « qu’est ce que ça veut dire la vie consacrée dans le contexte d’aujourd’hui ? ». Et c’est pour ça que le leadership et la compréhension du rôle de leader sont importants. Si on sait bien identifier qui nous sommes comme religieux ou religieuses, ainsi on peut s’engager avec le monde. Autre fois on quittait le monde pour entrer dans la vie religieuse. Dans la vie religieuse aujourd’hui, on a une autre approche, une autre théologie. - Je pense que la chose la plus importante pour les religieux et religieuses en Afrique est que nous formons des gens qui vont à leur tour former d’autres personnes eux-mêmes. Dans le cours de ce matin, j’ai entendu quelqu’un dire « ce qu’on a fait hier, moi je peux le mettre en application, je peux m’engager avec ça ». Cela est vrai non seulement pour les communautés religieuses mais aussi pour les hôpitaux, les écoles, les diocèses etc. L’expérience que nous vivons en Ouganda est que nous sommes en train de former douze professeurs qui sont tous Africains et qui ne sont pas seulement de l’Ouganda mais aussi du Lesotho, du Kenya et du Congo. L’idée est que tout ce que nous faisons vise à être redonné par la suite à d’autres personnes, mais cette fois-ci par eux-mêmes. Le temps où les Européens venaient donner en sens unique leur expertise est révolu. L’Afrique a beaucoup d’atouts et il faut exploiter ces ressources.

Comment se décline cette formation ?

- Nous accordons beaucoup d’attention sur l’analyse des rôles. Analyser le contexte, analyser l’expérience que font les gens et aussi analyser comment on prie, comment on s’engage avec la foi en rapport avec le contexte et quelle action il faut entreprendre. Les religieuses sont beaucoup trop occupées à beaucoup d’activités mais la question que l’on se pose « est ce que c’est cela l’apostolat ? » On fait beaucoup de choses mais est ce qu’on vise le royaume de Dieu ? Parce qu’en définitive, tout ce que nous faisons est pour que le royaume de Dieu arrive. A Rome, le cours que nous donnons vient de la volonté de nos organismes "Foi et Praxis Rome". Ils sont des institutions professionnelles où on a des formations un peu poussées sur les questions des ressources humaines. Tous les intervenants à ces cours sont très bien formés à l’organisation, en psychologie, aux écritures saintes, à l’analyse de la société etc. Ces cours à Rome, ce sont les supérieurs généraux et les conseillers qui choisissent de les suivre. Mais il n’y a pas qu’eux seulement, il y a aussi des laïcs qui viennent d’organismes internationaux par exemple, la jeunesse ouvrière chrétienne dont le président et le secrétaire général suivent en ce moment le cours.

JPEG - 88 ko Père Jim CHRISTIE, SJ. Pourquoi cette place importante accordée à la psychologie dans ce cours ? - il y a beaucoup de défis qui sont en face de ceux qui essaient de suivre ce cours. Ces défis sont dus au fait que de nos jours, les gens comprennent d’une manière beaucoup plus différente qu’auparavant. Donc il est nécessaire qu’ils reçoivent une certaine formation dans le domaine de la psychologie pour se comprendre mieux et mieux comprendre les autres et avoir les habilités d’agir, de suggérer devant les autres, de communiquer, d’écouter , répondre et tout ce qui se rapporte à la notion de psychologie, la psychologie humaine. Nous essayons aussi de régler la question de responsabilité, c’est-à-dire, ce qui se présente comme défis pour ceux qui l’exercent. Nous avons dans la vie religieuse et dans l’Eglise en général, des personnes qui sont chargées de diriger et qui se trouvent dans ces rôles et les exercent sans une préparation spéciale. Parfois ils sont dépourvus de moyens pour remplir ces rôles d’autorité. La psychologie les aide à avoir de meilleures idées et pratiques pour jouer ces rôles de leader. Il s’agit d’exercer ces rôles sans s’écrouler eux-mêmes avec les tensions qui surgissent toujours dans ces situations et surtout pour les questions inter générationnelles. Les jeunes gens les 20-25 ans dans notre monde ont une mentalité très différente de leurs aînés et le défis est que ces gens plus âgés qui seraient typiquement ceux qui sont dans les rôles de responsabilités puissent comprendre mieux les jeunes, les écouter et réaliser qu’ils ont quelque chose à dire et à contribuer à la situation globale. Ils peuvent mieux comprendre ce que le monde dit à nous tous dans l’Eglise. La psychologie a quelque chose à offrir à ces situations. »

Sœur Christine ANDERSON F.C.J

- Je pense que c’est très important (et je crois que le Père serait d’accord avec moi) qu’il ne faut pas accepter dans la vie religieuse des personnes très jeunes. Il faut quand même qu’elles aient une éducation avant de venir dans la vie religieuse. Je sais que pour l’Afrique c’est un grand défi. Ce que j’ai remarqué à Rome est que dans notre cours de trente six (36) personnes, 26% sont du contient d’Afrique. Nous avons des supérieurs généraux Africains des congrégations internationales, des conseillères des congrégations internationales. Il faut absolument que les personnes dans les pays soient formées pour pouvoir prendre ces rôles. Autrement quand elles prennent les rôles, elles sont perdues. Elles ont des dons certes, mais quand elles sont avec d’autres personnes, d’autres cultures, elles sont un peu ébranlées. C’est vraiment très important qu’ils aient cette confiance en eux. Une confiance qui ne viendra que lorsqu’on a une identité très claire de la congrégation dans laquelle on s’engage. J’ai dit l’autre jour à l’introduction de notre semaine de travail en présence des évêques. J’ai dit que le temps des enfants dans la vie religieuse est fini. « Il faut absolument avoir des adultes, des personnes qui disent et vivent ce qu’elles disent ». Nous sommes coresponsables de la vie de l’Eglise.

Quelles impressions avez-vous sur les impressions sur les récipiendaires de la formation à votre premier séjour au Burkina

Ce que je vois est que les gens ici sont très bien dans l’organisation. Nous n’en sommes qu’à deux jours de travail, mais je vois des gens qui s’engagent, qui laissent voir que c’est un cours très sérieux pour eux. Aujourd’hui, ils vont étudier le contexte et l’impact du contexte sur le charisme et quelle différence le charisme veut faire dans le contexte.

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Sœur Léa supérieure générale des SAB, présidente.

- Nous avons décidé d’avoir cette rencontre. C’est sur information et invitation de Faith and Praxis par rapport à la formation des personnes qui ont une certaine responsabilité au leadership. Nous avons jugé qu’en tant que supérieurs majeurs du Burkina et du Niger, il est important d’avoir cette formation pour être outillés dans l’exercice de notre mission. Pour accomplir notre mission avec beaucoup plus de facilité mais d’aisance dans la foi et dans l’humilité et c’est pour cella que nous somme venus pour participer à cette formation. Pour ceux qui professent pauvreté, obéissance et chasteté c’est important d’avoir cette formation. Nous sommes dans un monde globalisant et global et nous avons des défis à relever dans ce monde en tant que personnes devant témoigner du Christ dans ce monde. Nous avons besoin d’avoir des outils pour être des leaders dans ce monde, porter Jésus Christ à ce monde avec ce que nous sommes, des personnes consacrées.

- Ce que nous sommes en train de vivre va nous aider à accompagner les jeunes dans leur progression dans la vie religieuse. Ces jeunes qui sont en train d’exercer leur mission sont aussi leaders à leur manière dans les domaines d’action où ils sont. Chacun est leader en fait. Mais comment exercer ce leadership dans l’exercice de ta propre profession, c’est ce que nous essayerons de donner à nos jeunes. Être leader ce n’est pas commander et de donner les ordres aux autres. C’est savoir utiliser toutes ses potentialités pour aider à faire avancer le royaume de Dieu. Tout jeune dans nos congrégations est appelé à cela. Il faut certes un minimum de niveau intellectuel, mais il faut surtout avoir un gros cœur, un cœur immense pour aimer. Si on aime l’intellect viendra en renfort. Par le biais des formations qu’à notre tour nous allons donner à ces jeunes, la chaîne sera entretenue. Les jeunes qui arrivent ont besoin d’être formés et d’être accompagnés.

JPEG - 50.8 ko Sœur Maria - Je suis venue à Ndorola quand j’étais postulante deux ans avant mon noviciat. J’ai vécu chez les SENOUFO, je suis Burkinabè. Je dois dire en plus d’être Burkinabè, j’ai été pendant quelques années au conseil général de ma congrégation. Les six (6) dernières années, j’étais supérieure générale des sœurs de notre Dame d’Afrique. A ce titre j’ai eu des contacts très approfondis avec les leaders des congrégations africaines locales et donc de l’Afrique occidentale. Ces liens que nous avons créés pendant des années m’ont fait découvrir d’une part le grand potentiel que la vie religieuse représentait pour l’Afrique et même au-delà de l’Afrique, pour l’avenir de l’Eglise et de l’évangélisation dans le monde. Je vois donc disais-je un très grand potentiel dans la vie religieuse africaine et en même temps je vois de l’intérieur les grands défis auxquels ils font face. Je vois que la vie religieuse fait partie de l’ensemble de la société. Elle est un microcosme et en tant que tel elle est influencée et affectée par ce qui se passe dans le contexte. En même temps il doit se demander au nom de l’évangile quel impact elle veut avoir sur ce même contexte. C’est l’approche de notre présente formation. Une approche systémique qui veut dire que nous ne considérons pas nos groupes et nos congrégations comme une réalité isolée, mais nous les regardons toujours en lien avec le contexte, contexte local et contexte global. La vie religieuse aujourd’hui à l’intérieur déjà, fait face aux mêmes défis auquel fait face la société qui l’entoure. Ça peut être les appels à une grande justice dans nos communautés, d’où la question de l’inter culturalité, du tribalisme, la question de la pauvreté, celle de l’usage sage des moyens modernes de communication. En même temps nous nous devons de nous demander qu’est ce que nous pouvons apporter pour que ce que je viens d’évoquer sois évangélisé. JPEG - 93.9 ko JPEG - 94.7 ko


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