A la découverte du centre médical « Dernier recours ».

Dans la quête de santé, l’utilisation des  plantes médicinales connaît une prépondérance chez nous au Faso. Les causes d’une telle pratique sont multiples, qui vont  de celles qui s’appuient sur la faiblesse des moyens de la part du  patient pour se payer des médicaments pharmaceutiques, en passant par celles de l’attachement du patient aux  savoirs hérités.  Une maison à connaître qui apporte sa pierre dans le domaine, c’est le centre médical « Dernier recours » dont l’initiatrice est Sœur Mélanie BANDAOGO cette infirmière partie déjà vers le Père, et  qui a beaucoup cru à l’efficacité  de la médecine traditionnelle.

Hisilicon Balong

Hisilicon Balong

 

Faire le bien en silence.

« Dernier recours », c’est le sobriquet qu’unanimement  et sans se concerter, les patients qui fréquentent la maison Sainte Angèle des Sœurs de l’Immaculée Conception,  lui ont donné. Cette maison située à Silmiisê route de Kongousi, non loin des cimetières de Kamboinsê, soulage dans le silence, une foule nombreuse de personnes qui traversent souvent la saison de la maladie. « Nous ne faisons pas de la publicité asserte sœur Gisèle  supérieure de la maison, parce que celle-ci ne poursuit pas un but lucratif ; ce sont les malades guéris de leurs souffrances qui font le buzz et attirent d’autres personnes dans le besoin de guérison ». Et pourtant elles en auraient eu bien des raisons.

La terre donne son fruit.

 La liste des maladies traitées, mais surtout l’affluence des personnes guéries et qui reviennent témoigner ou poser des actes de reconnaissance, voilà qui fait découvrir « Dernier recours » aux patients. « Dans notre maison, explique sœur Jeanne Hortense, nous proposons des produits médicamenteux capables de soigner diverses maladies, assez répandues et dont souffrent les populations. Les patients nous viennent certes avant tout de Ouagadougou et des environs, mais également de très loin ». En vérité la maison « Dernier recours », accueille des patients, dont le mal préalablement diagnostiqué et traité par la médecine moderne, persiste malgré tout. En désespoir de cause mais quand même mus par un grain d’espoir, les patients concernés se tournent vers les religieuses qui leur proposent des traitements à base de produits préparés à partir des plantes locales.  « Le choix pour nous de travailler à partir des plantes naturelles et de chez nous,  est fondamental explique sœur Marie Félix la septantaine dépassée;  nous voulons de cette manière contribuer à éveiller les consciences des uns et des autres sur la réalité  que  Dieu a  tout mis entre les mains des hommes pour faire face à toute situation dans leur vie. » « Notre terre est riche et peut nous apporter tout, pour autant que nous prêtions attention pense sœur Gisèle, le regret non dissimulé « de constater que bien de nos grands parents  s’en sont allés vers le Père, emportant beaucoup de secrets non légués parce que l’on ne s’y est pas intéressé ».

Soulager la peine d’abord.

Les produits de la maison « Dernier Recours » ne sont évidement pas distribués gratuitement, même si la préoccupation première des religieuses reste celle de contribuer à épancher la souffrance des personnes malades  et souvent désemparées. Les bienfaits que ces produits  apportent cependant aux patients, se moquent immensément de la modicité des prix qui frappent les médicaments. C’est une forme particulière de pastorale qu’exercent les religieuses, attachées qu’elles sont d’abord à apaiser  la peine de tout patient, mais surtout des oubliés de la société. « Nous proposons nos produits à tout homme ou femme qui se présente, sans différence de religion, souligne sœur Jeanne Hortense. Et puisque nous faisons travailler des gens dans la récolte ou le rassemblement des feuilles ou racines des plantes, alors nous vendons à un prix accessible à tous, pour pouvoir désintéresser ceux-là ».

Secret de fabrique 

Pour le cas du produit qui soigne la maladie du diabète par exemple, les religieuses procèdent à un lavage assidu des plantes rassemblées. Secret de fabrique oblige, le nom de cette plante n’est pas divulgué. Dans une seconde étape, intervient le séchage à l’ombre « parce les forts rayons du soleil annihilent beaucoup d’éléments de la plante » confie sœur Gisèle qui n’hésite pas à faire une visite guidée de la maison jouant office de laboratoire. « Notre maison est construite de telle sorte à minimiser la pénétration de la poussière ou de tout élément qui puisse véhiculer quelques microbes ou particules susceptibles d’infester nos produits », explique-telle, bien soucieuse d’alléger la douleur des patients qui leur viennent souvent en état de déboussolement total. C’est après tout cela, que le produit séché,  est moulu et mis en condition. En somme est prêt à la consommation médicinale, un produit intègre et de qualité indiscutable. Les produits que présentent les religieuses sont divers et prennent en compte  le soin des affections cutanées, les démangeaisons liées à des maladies sexuellement transmises, les troubles cardiovasculaires ou digestifs, le diabète, les deux formes de tension,  les menstruations irrégulières ou douloureuses, la goutte et le cholestérol, les hémorragies, les fibromes entre autres. L’on se pose moins de questions sur  la qualité et l’innocuité des ingrédients actifs dans les médicaments préparés par les religieuses, puisqu’il n’y a pratiquement pas d’éléments extérieurs surajoutés. Les posologies prescrites suivent certaines conditions liées aux résultats des tests ou analyses que présentent les malades après leur passage chez le médecin moderne.

De la sensibilisation accompagnée.

Aux patients qui se présentent ainsi qu’à tout le monde, les religieuses ne manquent pas de prodiguer des conseils en vue d’aider à la prévention. Elles n’insistent jamais assez disent-elles, sur le fait des mauvaises habitudes alimentaires auxquelles s’adonnent bien des gens. Il ne suffit pas de se remplir le ventre, il faut faire attention à ce que l’on mange. Bien laver les légumes, bien protéger les aliments, éviter de réutiliser les huiles dans la préparation des mets, sont des pratiques faciles à intégrer dans les habitudes. Et puisque l’homme n’est pas que chair à soigner, les religieuses de « Dernier Recours », ont le souci de présenter à Dieu les patients qu’elles traitent : « Nous avons une prière spéciale que nous prenons tous les jours pour nos malades. Chaque soir,  après la prière des Vêpres,  nous appelons Jésus 50 fois pour nos malades. Dieu est le premier médecin et nous nous considérons comme des instruments entre ses mains pour aider à la guérison ».  Dieu en effet n’abandonne jamais ceux qui espèrent en Lui. Un tour à « Dernier recours » qui vous accueille du  lundi à samedi de 8H30 à 12H00 et de 15H00 à 17H00, ne sera jamais donc de trop.

Abbé Joseph KINDA

www.egliseduburkina.org

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