À Ouagadougou, une messe a été dite en l’honneur des cinéastes, dimanche 24 février à la cathédrale Immaculée Conception.

Depuis l’existence du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), l’Église s’est forgé une place dans le monde du cinéma en Afrique, notamment à travers le prix Signis.

La 26e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) a été lancée samedi 23 février au stade municipal de Ouagadougou par le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, au cours d’une cérémonie riche en couleurs et cultures.

Le lendemain, dimanche 24 février à 9 heures, de nombreux cinéastes, cinéphiles et festivaliers ont pris part à la messe des cinéastes devenue une tradition à l’occasion du Fespaco. « Ces dernières décennies des ouvrages de réflexion et de recherche ont fleuri sur le cinéma et la religion et aussi dans le domaine théologique, une branche de la théologie pratique germanophone se définit proprement ‘Filmthéologie’», a constaté, dans son homélie le père Janvier Yaméogo, prêtre du diocèse de Koudougou, en service au dicastère pour la communication, au Vatican.

Au cours de cette messe, le jury Signis, Association catholique mondiale pour la communication, pour l’édition cinquantenaire du Fespaco 2019, a été présenté aux participants. Diverses activités marquant cette 26e édition – qui a comme thème « Confronter notre mémoire et forger l’avenir d’un cinéma panafricain dans son essence, son économie et sa diversité » – ont été présentées.

 

Déjà 22 prix Signis au Fespaco

L’Église est présente au Fespaco depuis 46 ans à travers le prix spécial de l’Office catholique international du cinéma (OCIC), devenu prix Signis, du nom de l’association catholique mondiale pour la communication. « C’est à partir de l’édition de 1973 que Signis a commencé à apporter sa contribution pour le développement du cinéma sur le continent à travers l’attribution d’un prix spécial lors de ce festival », précise le père Alexis Ouédraogo Kouka, secrétaire général de la Commission épiscopale des communications sociales au Burkina Faso qui a concélébré cette messe.Deux membres du jury SIGNIS et les deux réalisateurs du film primé par SIGNIS, Duga (Les charognards)

Signis, en collaboration avec la commission épiscopale pour les communications sociales du pays, constitue à chaque édition du Fespaco, un jury qui décerne un prix spécial d’une valeur de 2 000 000 de FCFA (environ 3 000 €). Selon le père Janvier Yameogo, le prix Signis est « très recherché et permet à ce que les valeurs universelles rejoignent les valeurs de l’Évangile ».

Depuis 1973, Signis a déjà décerné 22 prix. « C’est un signe de l’intérêt de l’Église pour le cinéma africain », se réjouit un cinéphile. Et le père Yaméogo, de renchérir : « Cette distinction permet de soutenir la création, de faire la promotion de films africains, d’en favoriser la diffusion ».

Gérard MARION, membre du jury SIGNIS

De la nécessité d’organiser des colloques

Près d’une centaine d’étudiants en cinéma et audiovisuel des universités et instituts catholiques venus de pays comme la Côte d’Ivoire, le Mali, le Burkina Faso, entre autres, prennent part à cette édition. Cette forte présence est « une opportunité à saisir » selon ce prélat du Saint-Siège, pour initier à l’avenir d’autres activités telles qu’un colloque ou des rencontres de réflexion associant les cinéastes et des universitaires.

Charles Ayetan (à Ouagadougou)

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