ATELIER DE RÉFLEXION ET D’ÉCHANGES DES MEMBRES DE L’UCAP-BURKINA A BOBO-DIOULASSO

ATELIER D’ECHANGES ET DEREFLEXION DE L’UCAP –BURKINA A BOBO-DIOULASSO

Sous la bannière de l’UCAP-Burkina, autrement dit Union Catholique Africaine de la presse, section du Burkina Faso, une cinquantaine de journalistes se sont retrouvés en atelier à Bobo-Dioulasso sous le thème : Présidentielle et législatives 2020 au Burkina Faso : quelle contribution des journalistes pour des élections apaisées. Monseigneur Lucas Karfa Sanou, Président de la Commission épiscopale de communication sociale revient sur les enjeux de cet atelier tenu dans les locaux de l’OCADES CARITAS Bobo les 17 et 18 courant : « Nous allons vivre des moments importants et on a besoin de réfléchir sur ce rôle des journalistes qui est important. Et nous nous voyons comment dans le monde actuel les journalistes parfois peuvent aider à calmer les élections comme ils peuvent activer aussi la violence ou bien le désaccord et amener à lutter contre la cohésion sociale » .

Embouchant la trompette à Mgr Lucas SANOU, le président de l’UCAP-BURKINA, Alexandre le grand Rouamba, appelle de ses vœux la tenue d’élections apaisées le 22 novembre prochain au Burkina Faso grâce à la contribution des hommes de média. « Il est du devoir des journalistes de contribuer à l’apaisement des discours. Chaque journaliste doit être un agent de paix ; chaque journaliste doit contribuer à ce que ces consultations électorales constituent simplement comme un jeu de football. Qu’à la fin du match le vainqueur puisse être félicité par le vaincu! » De façon concrète, voici ce qu’il préconise à l’endroit de ses confrères journalistes : « Et si nous déjà nous participons à dire la vérité dans la responsabilité, déjà nous contribuons à apaiser la situation. »

Initialement prévu pour se tenir à la même période à Bamako au Mali, cet atelier de partage d’expérience entre hommes de médias et de renforcement des capacités s’est finalement limité à Bobo-Dioulasso pour des raisons évidentes de sécurité !

Paul DAH

Le lundi 17 aout 2020, la section burkinabè de l’Union catholique africaine de la presse (UCAP/Burkina), a organisé dans les locaux de l’OCADES Caritas de Bobo Dioulasso, un atelier sur le thème : « Présidentielle et législatives de 2020 au Burkina Faso : quelle contribution des journalistes pour des élections apaisées ? ». Le présent rapport fait le point des travaux de cette rencontre qui a réuni une soixantaine de participants.

Les travaux ont démarré à 9 heures 10 minutes par la cérémonie d’ouverture. Après le discours de bienvenus du représentant du maire de la ville de Bobo Dioulasso, ce fut au tour du représentant du parrain, Omar Sanous chef d’antenne du SP/CNLS-IST à Bobo Dioulasso, de prendre la parole pour saluer la tenue de l’atelier et traduire la satisfaction du Dr Soumaila Ouédraogo d’avoir été associée à cette rencontre. Pour sa part, le président de l’Union catholique africaine de la presse, section du Burkina, qui a prononcé le troisième et avant-dernier discours de la cérémonie d’ouverture, a d’abord demandé à l’assistance, une minute, non pas de silence, mais d’applaudissements nourris en la mémoire de Michel Yaméogo, membre actif de l’UCAP/Burkina, subitement arraché à notre affection hier dimanche 16 août 2020. Après une brève présentation des invités et panéliste de cette rencontre, Alexandre Le Grand Rouamba a, dans son allocution, insisté sur l’importance du rôle que doivent jouer les médias pour des élections apaisées, justifiant ainsi la tenue de l’atelier de Bobo Dioulasso.

L’évêque de Banfora, Monseigneur Lucas Karfa Sanou, qui a prononcé le discours d’ouverture de l’atelier a lui aussi salué cette initiative de l’UCAP/Burkina qui, a-t-il rappelé, vient à la suite des réflexions que l’UCAP/Burkina avait déjà menées l’année dernière à Abidjan, avec les UCAP des pays de la sous-région. Evêque chargé des moyens de communication sociale de la conférence épiscopale Burkina Niger, Monseigneur Lucas Karfa Sanou a exhorté les journalistes et communicateurs catholiques à avoir des discours apaisés et à bannir la violence dans la communication politique en cette période cruciale de la vie de notre nation.

Après une courte pause-interview et un réaménagement du présidium, place aux communications sous la modération de Viviane Tiendrebéogo, journaliste et membre active de l’UCAP/Burkina. Ella a décidé de donner la parole d’abord à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et au Conseil supérieur de la communication (CSC), deux institutions engagées dans des positions différentes dans le processus électoral au Burkina Faso.

Ainsi, la toute première communication a été donnée par le représentant de la Commission électorale nationale indépendante. Docteur Adama Kéré a indiqué, d’entrée de jeu, que la CENI a déjà budgétisé toutes les opérations électorales jusqu’aux municipales de 2021. Il a ensuite donné les chiffres des dernières opérations de révision du fichier électoral, dont le déroulement a été entamé par la crise sanitaire et surtout la crise sécuritaire. Ainsi, sur 13649 emplacements prévus pour les enrôlements, 11178, soit 82% ont finalement fonctionné et les 2471 restant n’ont pu fonctionner en raison de l’insécurité. Ce qui représente en quelque sorte 22 communes, 1619 villages non couverts par la révision du fichier électoral. Il a aussi rappelé que seulement 23 000 burkinabè de l’étrangers se sont mobilisés lors de la révision du fichier électoral.

La deuxième Communication, celle du Conseil supérieur de la communication (CSC) a été assurée par Monsieur Louis Modeste Ouédraogo, Chargé de mission du Conseil supérieur de la communication. Il a rappelé les missions du CSC en tant que garant de l’orthodoxie de la profession de journalisme. Lesquelles missions deviennent plus spécifiques en périodes électorales. Il a aussi rappelé la décision du CSC, inspirée de la loi électorale et relative à l’interdiction de couverture médiatique des campagnes électorales déguisées pour tous les médias et sur toute l’entendue du territoire burkinabè. Et a aussi rappelé le principe de l’équité dans l’accès aux médias pendant la campagne électorale. Les médias, a-t-il ajouté, doivent s’abstenir de relayer des propos incendiaires des acteurs politiques et s’abstenir de donner les résultats des élections avant les voix officielles dont celle de la CENI. Terminant sa communication, Louis-Modeste Ouédraogo a invité les hommes de médias, à s’approprier la maxime suivante : le journalisme, c’est le contact, mais aussi la distance.

Après les communications des deux institutions, la modératrice a réaménagé son présidium pour accueillir deux acteurs politiques, représentant le Chef de fil de l’Opposition (CFOP/BF) et l’Alliance des partis de la majorité présidentielle (APMP).

Et c’est Jean-Hubert Bazié, délégué du CFOP/BF qui ouvre le bal des interventions politiques. Pour lui, la presse burkinabè est tellement vigoureuse qu’au-delà du qualificatif de « Quatrième pouvoir » qui lui est souvent généreusement attribué, on ne peut pas ne pas la considérer comme un réel contre-pouvoir. Toute chose qu’elle a réellement prouvée à travers l’histoire récente de notre pays, par une contribution sans égale à l’information et à la formation politique, en relayant les débats majeurs de notre temps. Sur l’interdiction de la couverture médiatique de la précampagne électorale déguisée, Jean-Hubert Bazié, par ailleurs journaliste et formateur de journalistes, partage l’embarras des journalistes à travers cette série de questions : Que ne faut-il pas dire ? A qui ne faut-il pas le dire ? Quand ne faut-il pas le dire ? Dans quel contexte ? Pourquoi ne faut-il pas le dire ? Qui doit le dire ? quoi dire ? Comment le dire ?

Le représentant de l’APMP, l’alliance des partis de la majorité présidentielle, le Bishop Claver Yaméogo, quatrième et dernier intervenant, a commencé par dénoncer le fait qu’il a été censuré par une chaine de télévision pour la simple raison qu’en tant que pasteur il a décidé de faire de la politique, ce qui, selon lui, est contraire au principe du journalisme qui consiste à donner la parole, à donner l’information sans partie pris. Il suggère la signature par les partis politiques, d’un code de bonne conduite pour éviter de mettre le feu dans la Nation. Il propose aussi que la période de 90 jours au cours de laquelle les médias sont interdits de couverture médiatique de campagne électorales déguisée, soit ramenée à 30 jours pour ne pas tuer la ferveur politique qui est souvent aimée des populations. Abordant la situation sécuritaire nationale, le Bishop MC Claver Yaméogo a déclaré, s’adressant à l’opposition que ce serait méchant d’attendre d’être au pouvoir avant d’apporter ses solutions au terrorisme.

Juste après les communications, et toujours sous la direction de la modératrice, viviane Tiendrebeogo, les participants ont, à tour de rôle posé des questions et fait des commentaires sur l’ensemble des communications. Et en dernier ressort, les conférenciers ont apporté réponses aux questions posées. Les travaux de l’atelier ont pris fin à 13 heures 20 minutes par le mot de remerciement du président de l’UCAP/Burkina, la remise des attestations de participants et un diner offert à tous les participants.

Les rapporteurs :

Alizèta Maureen Zongo

Paul-Miki ROAMBA

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