LA PAROISSE DE PISSILA AU SECOURS DES DEPLACES

LA PAROISSE DE PISSILA AU SECOURS DES DEPLACES

Parmi les diocèses de l’Eglsie-Famille du Burkina Faso, celui de Kaya fait partie de ceux qui sont les plus touchés par les attaques terroristes. En effet, depuis l’attaque terroriste qui a visé l’église paroissiale de Dablo le dimanche 12 mai 2019 ayant fait six victimes, dont l’abbé Siméon YAMPA et cinq (05) autres fidèles, le diocèse de Kaya fait régulièrement l’objet d’attaques. Et parmi les paroisses du diocèse les plus touchés figure la paroisse Notre Dame de l’Assomption de Pissila. En effet, plusieurs villages ont été successivement attaqués par des individus armés non identifiés. Les villages de la paroisse touchés par le phénomène sont: Guibga, Wintoogkuilga, Keamna, Noaka, Diblou. Les attaques ont fait des pertes en vies humaines et des biens matériels et entrainé un déplacement massif des populations vers les zones les plus sécurisées, dont le centre de Pissila. Là, les personnes ayant fui les exactions sont accueillies dans plusieurs endroits: soit dans des familles, soit dans des structures d’accueil improvisées comme les écoles.

Les conditions de vie, bien évidemment, sont très difficiles: manque de vivres, de soins appropriés, d’espaces suffisants, etc. Face à cette situation la paroisse de Pissila, soutenue par Ocades-Kaya, vole au secours des déplacés en leur apportant du soutien aussi bien en espèces qu’en natures: sacs de maïs, nattes, couvertures, bidons, seaux, bouilloires. Un précieux soutien pour les déplacés qui en demandent cependant davantage aux bonnes volontés et aussi à l’Etat.

Un fait remarquable parmi les déplacés est l’absence des hommes. Hors mis quelques rares vieux, on ne voit que des enfants et des femmes. A la question de savoir où sont les hommes, une femme déplacée, sous le couvert d’anonymat répond: « les terroristes visent les hommes. Même les jeunes garçons ayant entre 12, 13, 14 et 15 ans sont tués. Tous les hommes ont fui chercher refuge ailleurs; il y en a même qui sont partis en Côte d’Ivoire ». Et qu’en est-il de leur intention de retourner dans leurs villages respectifs? Voici la réponse d’un catéchiste: « Actuellement, il y a toujours la peur. Nous avons toujours peur. On ne voit pas les forces de sécurité et de défense. Et cela ne nous rassure pas. Nous avons même des proches tués, qui ne sont toujours pas enterrés et nous ne savons pas ce qui est arrivé à leurs corps. Vraiment on a encore peur ».

Des affirmations qui se vérifient sur les visages tristes des déplacés ou se lisent la psychose et le désarroi. Un seul souci les habite cependant tous: le retour de la paix. Mais en attendant, ils ont besoin du nécessaire pour passer le temps que cela durera. Des aides qui arrivent à compte-goutte!

Au niveau de la vie ecclésiale, les dégâts de cette situation sont immenses. En effet, les églises des villages touchés sont fermées, les prières arrêtées, tandis que les catéchistes ont trouvé refuge dans le centre de la paroisse. Le père Lucien GODO, curé de la paroisse, conseille ses ouailles à la prudence. Il en appelle aussi aux autorités gouvernementales à faire davantage pour les populations désemparées. Il insiste surtout sur un déploiement des forces de défense et de sécurité, dans le but de rassurer les populations.

 

Père K. Alexis OUEDRAOGO

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