Mgr Prosper KONTIEBO

mercredi 9 mai 2012
par  Ab Joseph KINDA
popularité : 1%

Lors de sa visite de prise de contact dans le nouveau diocèse de Tenkodogo du 25 au 27 février 2012, Mgr Prosper KONTIÉBO, évêque nommé du nouveau diocèse a accordé une interview à Kugpeel Kibare, le bulletin de l’archidiocèse de Koupèla. L’interview a été réalisée par l’abbé Laurent Nadembèga.

JPEG - 101.6 ko Abbé Laurent NADEMBÈGA : Depuis le 11 février 2012, nous avons appris votre nomination comme évêque du nouveau diocèse de Tenkodogo. Comment avez-vous accueilli cette nouvelle ?

Mgr Prosper KONTIÉBO : J’ai accueilli la nouvelle avec beaucoup de crainte, beaucoup de peur et en même temps aussi, beaucoup de joie. Mais la crainte et la peur dominaient la joie. Et vous savez pourquoi. C’est une nouvelle que je n’attendais pas du tout, jamais rêvé, jamais rêvée, jamais pensée. Et subitement, on m’annonce que le Saint Père me choisit comme évêque de ce nouveau diocèse de Tenkodogo. Je suis resté pendant un bout de temps en silence, un silence de confusion : je ne savais pas que penser, que dire. J’étais totalement confus, surpris et je suis resté là, silencieux, jusqu’à ce que son Excellence Mgr le Nonce me rassure en disant : « C’est la volonté de Dieu ». Et alors, convaincu que c’est la volonté de Dieu, j’ai dit « Amen ! » Et à ce moment, la peur, la crainte ont commencé à se dissiper lentement, lentement. Mais je me croyais toujours en rêve.

Ab. L. N. : Des religieux évêques, on en connaît ; mais de Camillien, on n’en connaît pas tellement, en tout cas, pas dans la sous-région. Dans le passé, a-t-on eu de Camillien évêque ou parmi vos confrères actuellement, y’en a-t-il qui soient évêques de par le monde ?

JPEG - 98.6 ko

Mgr P. K.  : Bon ! L’histoire nous dit qu’il y a eu des Camilliens qui ont été nommés évêques. Le dernier date d’il y a trois cents ans. Il reste à vérifier. Toujours est-il qu’ils ne sont pas nombreux, les Camilliens, à avoir occupé cette charge d’épiscopat dans l’Église universelle pour la simple raison que nous les Camilliens, nous sommes un institut religieux hospitalier qui s’occupe des malades et donc nous n’avons pas du tout la préoccupation de rêver à l’épiscopat. Pour moi vraiment, cette nouvelle vient comme une grande surprise et j’allais dire : c’est une volonté de Dieu, sinon ça ne se comprend pas.

Ab. L. N.  : Vos supérieurs de la province romaine et vos confrères qui vivent près de vous, comment ont-ils accueilli votre nomination ?

Mgr Prosper K. : Il faut dire que mes supérieurs hiérarchiques de la province romaine ont été consultés et certainement mes confrères aussi ont été consultés de manière discrète, « sub secreto ». Et lorsque la nouvelle a été publiée officiellement, ils ont manifesté une très grande joie et une fierté, fierté d’avoir un Camillien à la charge de cette mission. Au-delà de ma personne, l’Église reconnaît la valeur, l’engagement de l’institut des serviteurs des malades, les Camilliens. Donc ce n’est pas ma personne en tant que telle qui est invitée à cette charge, c’est comme si c’était l’ensemble de l’institut des religieux camilliens et donc j’ai un très grand défi à relever : celui d’être à la hauteur de cette mission, hauteur où m’attendent l’Église, le Saint Père le Pape Benoît XVI, nos pères les évêques, l’Église entière et ma famille religieuse en particulier.

Ab. L. N. : Vous avez été nommé évêque, mais surtout, évêque d’un nouveau diocèse. Ce qui veut dire que beaucoup reste à construire. Vous avez vous-même parlé de défi, sur qui comptez-vous pour relever ce défi dans ce nouveau diocèse ?

Mgr P. K. : Mon premier appui, c’est le Seigneur Jésus, parce qu’en fait, c’est lui qui m’a appelé, je n’y pensais pas du tout. Je me suis engagé à sa suite dans la vie religieuse camillienne, je ne pensais pas qu’un jour je serais devenu évêque. Et si donc lui, dans son plan d’amour a voulu que je sois pasteur de cette Eglise, ça veut dire qu’en premier lieu je dois compter sur lui et c’est ma ferme conviction. Je compte sur Jésus Christ, lui qui m’a placé ici, qui m’a confié cette mission ; donc, je compte sur Jésus Christ. Après, je compte sur mes frères, vous les prêtres diocésains de cette portion de l’Église ici, de l’archidiocèse de Koupéla, de la paroisse de Tenkodogo et des autres paroisses environnantes. Je compte beaucoup sur les pasteurs parce que vous connaissez le terrain ; moi, je suis un étranger on dit que « l’étranger ne connaît pas les trous ». Vous, vous êtes des gens du milieu, vous connaissez bien le terrain. Donc je m’appuie en tout premier lieu sur Dieu et après Dieu, c’est vous les pasteurs. Je m’appuie sur les catéchistes qui sont des hommes de terrain, je m’appuie sur les présidents de communautés chrétiennes de base, je m’appuie sur les CCB, je m’appuie sur les présidents des mouvements et associations, je m’appuie sur tous les fidèles de l’Église-Famille de Dieu ici. Je compte sur vous et je donne ma disponibilité pour collaborer avec vous dans la construction du règne de Dieu. JPEG - 121.1 ko Ab. L. N. : Vous avez parlé des Camilliens comme serviteurs des malades appartenant à un institut religieux hospitalier. Vous personnellement, avez-vous une connaissance du terrain pastoral, je veux parler de pastorale paroissiale.

Mgr P. K.  : Je connais le terrain pastoral mais pas le terrain pastoral de l’Église qui est ici à Tenkodogo. Je connais le terrain pastoral de l’Église qui est à Ouagadougou, notamment la paroisse Saint Camille où j’ai été vicaire pendant deux ans et curé pendant neuf ans ; donc, le milieu pastoral, je le connais assez bien pour ce qui est de Ouagadougou. Maintenant, pour ce milieu, je peux dire que je ne le connais pas. Par contre, je connais les pasteurs avec qui nous avons cheminé ensemble au Grand Séminaire, ils sont nombreux ceux avec qui j’ai fait le Moyen Séminaire, le Grand Séminaire de Koumi et nous avons gardé de très bonnes relations. Nous avons noué de bonnes collaborations durant le temps du séminaire et pour moi c’est un atout dans cette tâche que je dois assumer maintenant. Donc je peux dire que je ne connais pas très bien ce milieu mais connaissant déjà des gens qui y travaillent, ces gens vont pour moi être un soutien, un appui pour m’aider à connaître un peu plus ce milieu.

Ab. L. N. : Votre visite sur le terrain vous a permis de rencontrer beaucoup de chrétiens notamment ceux de la paroisse de Tenkodogo (qui sera votre paroisse cathédrale), quelle impression gardez-vous des différentes rencontres ?

Mgr P. K.  : J’ai été vraiment bien impressionné, très bien impressionné. Déjà, avant que je ne vienne ici à Tenkodogo, de Ouaga, j’ai reçu beaucoup de coups de téléphone, des gens de Tenkodogo vivant à Ouaga comme des gens de Tenkodogo vivant ici, qui m’appellent pour me féliciter et pour exprimer leur joie. Donc, pendant qu’en moi il y avait une certaine inquiétude, une certaine peur, la voix de ces gens qui viennent soit pour me féliciter, pour m’encourager, pour exprimer leur joie, ces voix donc m’ont donné beaucoup de courage et de sérénité. Et depuis que je suis hier ici, je suis vraiment content : content de l’accueil, l’accueil hier soir et l’accueil pendant les différentes célébrations de la messe aujourd’hui. Je vois que les fidèles sont contents de m’accueillir comme leur pasteur et cela m’encourage beaucoup. Et je suis aussi content de rester ici et de donner ma vie pour ces fidèles. Je peux dire que je ne quitte pas Saint Camille, je ne quitte pas ma congrégation religieuse avec un pincement ou avec un regret, absolument pas. Je suis appelé à servir l’Église et c’est le Seigneur qui m’envoie et c’est vraiment en toute joie que je viens ici pour accueillir ce peuple qui m’accueille déjà et je dis merci à Dieu qui a déjà préparé la place pour moi et pour eux. Alors, je suis vraiment confiant et serein dans cette mission qui m’attend.

Ab. L. N. : Pour terminer, avez-vous un mot de cœur à donner ?

Mgr P. K. : Un mot de cœur à donner, c’est d’abord vous remercier, vous, Monsieur l’Abbé Laurent NADEMBÈGA, de m’avoir donné cette opportunité de dire ce que je ressens au fond de moi-même et merci parce que par vous, plusieurs personnes vont m’entendre, vont vivre ce que moi-même je ressens au fond de moi. Je vous dis merci. Je saisi cette occasion pour remercier ma congrégation religieuse, la famille religieuse des camilliens. Ce n’était pas facile pour eux de me détacher pour cette mission ; j’occupais une place importante dans leur organisation en tant que vice-provincial et pour un mandat qui n’est pas encore à sa fin. Interrompre ce mandat pour une autre activité implique donc à leur niveau une réorganisation. Mais mes confrères ont vraiment accepté cela dans un esprit de foi et dans un esprit d’abandon, de confiance. Ils l’ont accepté avec joie. Beaucoup de confrères m’ont soutenu, en me voyant les jours passés un peu préoccupé, un peu triste, ils m’ont soutenu en me disant : « Courage ! C’est le Seigneur qui t’appelle, c’est le Seigneur qui te donne cette mission, nous sommes avec toi. » Je saisis cette occasion pour dire merci à ma famille religieuse camillienne. On dit : « Noaag waooga a kôbdê ». Si je suis ce que je suis, c’est grâce à ma famille religieuse et je dois dire un grand merci à cette famille religieuse camillienne. Après ce remerciement de la famille religieuse camillienne, je dis merci à cette nouvelle communauté diocésaine qui m’accueille. Je dis merci à cette nouvelle communauté. Pour le reste, nous allons nous asseoir ensemble et voir ce qu’il y a lieu de faire ensemble. Je demande tout simplement la bénédiction du Seigneur sur nous tous, sur les activités que nous aurons à mener sur ce nouveau diocèse. Que le Seigneur nous bénisse, qu’il nous prenne en grâce et qu’il nous bénisse toujours. Merci.


Commentaires

Agenda

<<

2013

 

<<

Mai

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
293012345
6789101112
13141516171819
20212223242526
272829303112
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois

Sites favoris


4 sites référencés dans ce secteur

Brèves

Finale karaoké 2010 des enfants

mardi 7 septembre 2010

La radio Ave Maria à Ouagadougou va avoir la finale du karaoké qu’elle a organisé pour les enfants ces vacances-ci. La dite finale aura lieu à Reem-Doogo sis à Gounghin, le dimanche 12 septembre à 15 heures. A cette occasion plusieurs artistes ont été invités. Rappelons que la marraine de l’événement est Toussy, la coqueluche de la musique moderne religieuse catholique dans notre Eglise Famille.