SILENCE, ON PRIE.
par
popularité : 1%

Depuis septembre 2006, les candidats au sacerdoce de la Conférence Episcopale Burkina-Niger, vivent une année spéciale avant leur entrée officielle au grand séminaire. Une année dite propédeutique, synonyme de recul par rapport au monde, en vue d’une prise de décision personnelle et réfléchie avant la formation au sacerdoce proprement dite.
Et le Pape Jean-Paul II de se retourner joyeux dans sa tombe ! Dans son encyclique « Pastores dabo vobis, » « je vous donnerai des pasteurs », il souhaitait vivement qu’il y ait pour les candidats au sacerdoce, un temps de préparation qui précède la formation donnée au grand séminaire. Une recommandation devenue réalité pour l’Eglise catholique au Burkina Faso et du Niger. Le séminaire de propédeutique naît en 2006. Quatorze ans en effet, après le souhait du pape, les évêques de la Conférence Episcopale Burkina-Niger sont passés à l’action malgré toutes les difficultés financières inévitables dans la réalisation d’un tel projet. Il suffit de voir ces grandes bâtisses sur le sol de Toesê près du petit séminaire de baskouré dans l’archidiocèse de Koupèla, pour se rendre vite compte qu’il a fallut y dénouer le cordon de la bourse. Des débuts difficiles. Ouvert alors qu’il manque encore des structures d’accueil opérationnelles, le séminaire de propédeutique est hébergé par le grand séminaire St Pierre St Paul de Kosoogê à Ouagadougou. La première promotion avec un effectif de 45 séminaristes, est alors encadrée par trois prêtres dont l’abbé Bandé Dieudonné originaire de l’archidiocèse de Ouagadougou comme responsable. L’année de propédeutique comme il le déclare, « n’est pas considérée comme une année de séminaire. Elle correspond plutôt à un temps de formation analogue au noviciat des religieux. » Dans la mesure où l’accent n’est pas mis sur la vie intellectuelle ou pastorale en effet, le temps de la propédeutique se trouve être surtout un cadre propice pour une vie de prière mais aussi de l’apprentissage du silence et de la vie communautaire. La grande diversité des origines familiales et scolaires des candidats au sacerdoce impose la création d’un tel lieu de passage obligatoire, le petit séminaire n’étant plus le seul pourvoyeur des jeunes candidats à l’ordination sacerdotale. Toute chose qui n’exclut pas d’accorder sa place à la formation intellectuelle préparatoire aux études philosophiques et théologiques que le futur grand séminariste doit canoniquement suivre, comme que le déclare l’abbé Dieudonné Bandé : « Les cours sont donnés sous forme de sessions ou de cours suivis, durant toute l’année. Ainsi avec la formule des sessions, les propédeutes ont l’initiation à la prière du bréviaire, la direction spirituelle, l’adoration, la connaissance de soi, et l’informatique. Quant aux cours suivis, outre les introductions à la Bible et à la philosophie, il y a aussi l’initiation à la prière, le commentaire du Credo et le mystère chrétien, la liturgie, et enfin les cours de Français, d’Anglais, de Latin et de Musique ; ce qui fait un total de 17 heures de cours suivis par semaine. » Note spécifique. La journée de désert.
Une des grandes particularités de l’année de propédeutique est la journée de désert qui est vécue chaque vendredi avec un horaire approprié. « Ce jour, confie toujours l’abbé Bandé, se passe sans cours, mais dans la prière, la méditation, l’oraison, la contemplation, la réception du sacrement de la réconciliation. » Et afin de permettre aux jeunes d’approfondir leur réflexion, un thème spirituel leur est proposé pendant une causerie de quarante cinq minutes, laquelle est suivie d’une adoration devant le Saint Sacrement exposé. En somme, l’année de propédeutique se présente comme un retrait du candidat au sacerdoce par rapport au monde. Les journées de désert s’apparentent donc à l’expérience biblique du désert dans lequel l’homme chemine avec Dieu pour apprendre de Lui qui il est, ce qu’il veut accomplir et comment il le veut, pour découvrir aussi la vérité sur son cœur d’homme à la fois partagé et appelé à l’unité. Haut lieu de discernement. Ce n’est donc pas pour rien que le jeune qui en foule le sol, vit deux retraites d’une grande importance. Une retraite dite de purification de huit jours qui a lieu trois semaines après la rentrée, et une autre dite de l’élection qui se tient en mars ou avril à l’issue de laquelle le propédeute rédige sa demande d’entrée au grand séminaire.
Après quatre ans d’existence, les effectifs présentent une courbe ascendante et les propédeutes viennent des neuf (9) petits séminaires du Burkina, des lycées et collèges, mais aussi du monde engagé dans la vie active. Les formateurs tous prêtres au nombre de trois en 2006, sont cinq à ce jour : ce sont l’abbé Dieudonné BANDE qui fait office de recteur ; l’abbé Richard OUEDRAOGO qui assure l’économat, et les abbés Marius KINDA, Blaise SOME et Paul NAZOTIN, professeurs. Saint Irénée, Père de l’Eglise et saint patron de cette maison saura bien y garder et accompagner ces jeunes et leurs formateurs dans le travail de discernement entrepris avec empressement et détermination.
Jokinda, cebn.
Commentaires