Pour que cesse toute violence contre la femme, le Moogo Naaba s’engage

samedi 2 avril 2011
par  Ab Joseph KINDA
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Le mercredi 31 a eu lieu au centre national Cardinal Zoungrana, un atelier de travail sur l’exclusion sociale des femmes. Initié par la commission épiscopale Justice et Paix, cet atelier a connu la participation d’hommes et de femmes travaillant déjà dans les domaines de libération de la femmes, la présence surtout des chefs coutumiers du plateau central moaaga.

JPEG - 49 ko L’objectif de cet atelier selon François de Sales Bado, secrétaire national de la commission épiscopale « Justice et Paix », est de donner la priorité à l’action dans ce combat contre les violences faites aux femmes. La présence à cet atelier des chefs coutumiers est le premier gage que cet objectif sera atteint. Dans le projet d’éradiquer ce fléau en effet, il y a souvent plus de discours que d’actions. C’est pourquoi explique François Bado, « nous avons approché le Moogo Naaba, l’empereur des Moose afin qu’il nous donne son appui. » Cette démarche a porté fruit et le Moogo a livré un message consigné dans un livret destiné à impliquer tous ses ministres dans cette lutte, où qu’ils se trouvent sur le territoire du Moogo. La forte présence des chefs traditionnels à la rencontre témoigne déjà de leur engagement à rendre effectif cet appel du Moogo : « les enquêtes indiquent que c’est surtout dans le plateau mossi que des femmes sont chassées de leurs villages pour cause de pratiques occultes néfastes ou de crimes. Les centres d’accueil Delwendé, la Cours de solidarité de Paspanga et bien d’autres centres illustrent éloquemment ces violences faites aux femmes. Cela constitue une image très négative pour le Burkina Faso et pour ces régions. Je souhaite que ces pratiques cessent. Tout en reconnaissant à chaque citoyen sa liberté de croyance, d’opinion et de religion, je ne puis tolérer que sur la base de ces croyances culturelles ou traditionnelles, les droits de l’Homme et la dignité de la personne humaine soient bafoués. J’invite par conséquent tous les citoyens du Burkina Faso et particulièrement les villages, les cantons et toutes les régions qui sont sous mon autorité à mettre fin à toute les pratiques tendant à accuser d’autres personnes de pratiques occultes néfastes portant atteinte à la dignité de la personne humaine ; à mettre fin à toutes les formes de violences et d’exclusion sociale à l’égard de toute personne et particulièrement des femmes. En attendant donc de voir se concrétiser cette lutte le Moogo Naaba demande déjà pardon à celles qui sont victimes et qui sont nombreuses au centres d’accueil Delwendé de Tanghin et à la Cours de solidarité de Paspanga. Le centres d’accueil Delwendé de Tanghin Créé en 1963, ce centre est géré par la mairie centrale de Ouagadougou qui y affectent quelques fonctionnaires encadrés par une sœur religieuse de la communauté des sœurs Notre Dame d’Afrique. Composé de 4 bâtiments où les femmes partagent les chambres à 4, le centre compte 333 femmes ce mois de Mars 2011. Un effectif qui peut augmenter avant la fin de l’année, vu que la moyenne des arrivées par an, vacille entre 10 et 15. Ces pensionnaires prennent un seul repas offert à midi. Le reste du temps, elles se nourrissent à partir des petites recettes obtenues du tissage du coton, des travaux dans les champs pendant l’hivernage ou de la vente de petites bricoles tel du savon, des ingrédients de la cuisine du terroir. Les femmes font du maraichage au bord du barrage et améliorent ainsi leur alimentation. Une façon de joindre l’utile à l’agréable car en s’occupant au travail elles ruminent moins l’injustice qu’elles subissent et évitent par tant la dépression. Trois infirmiers sont à leur service dans le centre où l’âge des habitants varie entre 49 et 90. Pour que ces femmes aient davantage de quoi se nourrir, la contribution des hommes et femmes de bonne volonté est toujours le bienvenu, en espèce comme en nature.

La cour de solidarité du secteur 12 de Ouagadougou (Paspanga) Présentation faite par sœur Rosalie KANZYIOMO

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Pour cette cours, c’est une structure du Ministère de l’Action Sociale et de la Solidarité Nationale qui assure l’accueil et l’hébergement des femmes victimes de préjugées sociaux et exclues de leur communauté pour des raisons liées aux pesanteurs socioculturelles et économiques. Son public cible est donc principalement, les femmes accusées de sorcellerie communément appelé mangeuses d’âmes. Sa mission est de contribuer à la protection, à la promotion et à la réhabilitation de ces femmes victimes d’exclusion sociale. Cette structure a été mis en place suite au trop plein du centre Delweendé en 1994. Elle est présentement dirigée quatre travailleurs sociaux, une éducatrice sociale et trois adjointes, relevant toutes du Ministère de l’Action Sociale et de la Solidarité Nationale. Les pensionnaires au nombre de cent trois (103) âgées de 49 à 80 ans et plus, sont toutes des femmes venues d’horizons divers du pays, principalement du plateau moosi ( kourwéogo, passoré, boulkiemdé, centre, plateau central etc.) expulsées pour question de sorcellerie. Elles sont d’origine animistes, mais majoritairement converties au Christianisme, quelques unes à la religion musulmane. Ces femmes accusées d’être des mangeuses d’âmes, arrivent dans la cour d’elles-mêmes ou alors orientées par un membre très proche de la famille ou sur référence des services sociaux des localités de provenance des ces femmes, ou des services de sécurité publique.


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